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Macron face aux gilets jaunes : le pays légal face au pays réel

January 3, 2019

 

La crise des gilets jaunes a réussi à ébranler durablement l’édifice dès le départ fragile d’E. Macron.  Depuis mi-novembre, des centaines de milliers de français de tous horizons, pour partie sans engagement politique, se sont engagés, de manière très visible dans la rue, à travers le port symbolique du gilet jaune, contre le train de réformes engagées par Macron ainsi que l’ensemble des mesures, dites « de réforme que la France doit conduire » que le pouvoir français porte inlassablement depuis un trop grand nombre d’années. La grande bouderie des français vis-à-vis de la politique est terminée, les français ont été pris d’une violente prise de conscience, qui résonne avec sa riche histoire révolutionnaire, suite à une énième hausse de taxe que Macron et sa clique leur demandaient de supporter. Macron a inventé le quinquennat de 18 mois, le pays paraît dorénavant ingouvernable et la sécession entre la France d’en haut- pays légal et le reste de la France- pays réel est désormais installée.

 

On compare quelquefois Macron à Giscard. Celui-ci avait déjà cherché en son temps à « moderniser la France ». Giscard, déjà en son temps, avait adopté un programme de libéralisation de l’économie pour faire rentrer dans le rang cette « puissance moyenne », qualificatif qu’il affubla au pays qu’il dirigeait !... Il est amusant de constater que, déjà en son temps, Giscard faisait face à une hausse du prix des carburants, du fait des chocs pétroliers successifs des années 70. Par libéralisation de l’économie, il fallait entendre dérégulation du marché en désindexant tous les prix. Près d’un demi-siècle plus tard, Macron tente vainement de faire marcher un marché qui ne marche désormais plus depuis la crise de 2008. En effet, même des économistes libéraux comme C. Gave dénonce la réalité de vrais prix pour l’entrepreneur puisque le premier des prix, le taux d’intérêt, ou aussi appelé « le prix de l’argent », a été tellement manipulé par les banques centrales ces dernières années (allant jusqu’à voir apparaître ce non-sens économique que sont les taux négatifs !), que tous les autres prix qui en découlent, surtout en zone euro, sont faussés. Ceux-ci se trouvent d’abord pris dans des bulles- surtout les actifs immobiliers et les actions- qui corrompent leur valeur réelles. Ils sont ensuite frappés de discrédits auprès du peuple lorsqu’on annonce, d’un côté, que la zone euro a vaincu la lutte contre l’inflation et que le peuple ne fait que dénoncer l’inflation galopante des prix des matières premières, écrasé par un budget alimentation qui prend de nouveau dans l’Histoire une part prépondérante chez de plus en plus de ménages. Avec Macron, le gouvernement de la France laisse transparaître totalement son absence de souveraineté par une omniprésence de la communication, une navigation à vue par une technocratie sûre d’elle et de son expertise comme sous Giscard considérant qu’au fond le bas peuple est bien peu apte à comprendre les tenants et les aboutissants de la tenue du gouvernail, et enfin un amateurisme pour le moins édifiant qu’on ne pouvait au moins pas reprocher à un R. Barre qui maîtrisait son sujet. Là où de Gaulle se plaçait en stratège pour le paquebot France, la Présidence de la République en est réduite aujourd’hui à élaborer des « tactiques de com’ » grossières et indignes de la fonction. Le naufrage est consternant. Giscard cherchait à « rassembler deux français sur trois », son épigone politique près d’un demi-siècle plus tard, en rassemble la même proportion contre lui.

 

Le pouvoir est face à une crise dont il ne veut même pas imaginer la profondeur et l’étendue. Cette crise embrasse l’ensemble des mauvaises décisions prises depuis plus de 40 ans. Aussi bien sur le plan de l’aménagement du territoire, fracturé entre métropoles et zones périphériques, que sur celui de la révoltante répartition des richesses à l’œuvre, résultat d’une globalisation néo-libérale, loin d’être préservée en Europe mais plutôt menée tambour battant. Devant la situation d'urgence qui voit des millions de français démunis jetés dans la grande précarité ou encore une classe moyenne assommée d'impôts et de taxes, la crise sociale a éclaté aux yeux de tous. Les choix budgétaires sont contestés au point de remettre en cause un fondement démocratique indispensable : le consentement à l’impôt. Plus grave encore, le problème évident de représentativité et de légitimité démocratique du pouvoir élu en 2017 s’est cristallisé dans ce soulèvement populaire des gilets jaunes. Faute d’être entendus et représentés, ils réclament à cor et à cri le Référendum d’Initiative Citoyenne (baptisé « RIC ») qui permettrait d’imposer électoralement leurs revendications multiples et qui remettrait en place le circuit de démocratie directe en complément, et non en substitution, d’un circuit de démocratie représentatif aujourd’hui rouillé jusqu’à l’os par des "élites" LREM en-dessous de tout. Non pas que la France n'a pas besoin d'élites, ce rôle est généralement dévolu à la haute administration, mais elle a un besoin urgent d'élites éclairées, c'est-à-dire servant le bien commun et non quelques intérêts particuliers obscurs. 

 

La « révolte des élites » (C. Lasch) qui a marqué la fin des 30 Glorieuses et le tournant des années 70-80 dans le monde occidental arrive aujourd’hui à son terme. La présidence Giscard de 1974-1981, le tournant de la rigueur opéré par F. Mitterrand en 1983, les élections de Thatcher en 1979 au Royaume-Uni et de Reagan aux États-Unis en 1980 ont été les symboles les plus éminents de « la contre-révolution libérale » qui s’est abattue sur le monde occidental et qui a drainé avec elle une financiarisation sans précédent de l’économie, la prise de pouvoir des actionnaires sur les salariés et les entrepreneurs ou encore la flexibilisation sans fin du marché du travail pour que les pays riches, surtout ses travailleurs, s’adaptent à la globalisation à l’œuvre en abaissant leurs coûts salariaux. En Europe, cette « contre-révolution » monétariste, qui met la lutte contre l’inflation au premier rang des priorités, bien avant celle de la lutte contre le chômage, a été gravé dans le marbre des traités avec d’abord l’Acte Unique au milieu des années 80, puis Maastricht au début des années 90, désormais prison juridique et financière dans laquelle des pays entiers d’Europe se sont enferrés pour le plus grand bénéfice de l’industrie allemande. J. Delors, artisan de ces sauts successifs vers l’Europe fédérale, du haut de sa présidence à la Commission Européenne pendant une décennie, F. Mitterrand qui n’y comprenait rien à l’économie et qui croyait avoir « cloué les mains de l’Allemagne sur la table de l’euro », et, au-delà ; la majorité de la classe politique complice sont les principaux Frankenstein de ce monstre économique et financier. Son bilan est déjà désastreux en termes financier, économique et social pour une large partie de l’Europe, y compris l’Allemagne, détenteur pour rappel du record de travailleurs pauvres sur son sol. Ces textes qui fondent aujourd’hui la majeure partie de notre architecture juridique et financière doivent être invalidées par les faits, remis à plat et remplacés par une autre armature fondatrice d’une Europe des Nations disposant chacun de leurs frontières migratoires et économiques et qui adaptent leurs politiques macroéconomiques monétaires et budgétaires à leurs économies. En ce début de XXIème siècle, notre belle civilisation européenne se trouve clairement à la croisée des chemins, c’est-à-dire à un tournant crucial de son Histoire. Par sa richesse, son art de vivre et sa beauté, notre continent doit être débarrassé et préservé des divers assauts des mondialistes qui en ont fait un laboratoire d’essai à leurs finalités funestes, point de départ à des projets plus vastes encore. Le vent est en train de tourner partout ailleurs et même en son sein avec l’arrivée au pouvoir de nationalistes de tout poil. Le monde unipolaire d’après-guerre froide qui a vu les États-Unis dominer le monde et dicter sa conduite à de multiples autres pays touche difficilement mais sûrement à sa fin. La décision récente de D. Trump de retirer les troupes américaines de la Syrie et de l’Afghanistan en est le meilleur symbole. De nouvelles puissances ont émergé et s’affirment sur le plan géopolitique. Il est donc plus que temps de mettre un coup d’arrêt à ce désordre international sur lequel s’arc-boutent encore les eurofanatiques et construire un ordre international basé sur le respect des souverainetés des peuples, préalable indispensable en tout envenimement intérieur fatal dans chacun des pays affectés par ces piétinements politiques et économiques. La prise de pouvoir de nationalistes apaise les peuples qui ont besoin d’un grand bol de ré-enracinement culturel et économique tandis que la persistance au pouvoir des mondialistes excite toujours davantage les divisions internes et les crises existentielles des peuples qu’ils « administrent » depuis trop longtemps.  

 

Il ne faut pas être dupe : Macron n’est que le relai et le laquais d’intérêts bien plus puissants qui ont participé à sa propulsion à la tête de l’État en 2016-2017 avec la complicité coupable d’un système médiatique qui l’a porté au pinacle à coup de matraquage cognitif. Cette propagande digne d’un État totalitaire a déshonoré notre pays. Dans la tourmente, Macron et son équipe ont pris des mesures clairement insuffisantes et à côté des attentes des français. Elles ont cependant eu le mérite de révéler au grand jour que le dérapage budgétaire afférent a été vu avec des gros yeux par Bruxelles, contraignant le gouvernement à faire marche arrière sur certaines de ces mesures, avant de se raviser devant la révolte populaire qui grondait. Cette complaisance de la part de la Commission pour un déficit bien supérieur à ce qu'affiche l'Italie, pourtant mise en cause pour déficit excessif, met en lumière l'hypocrisie de la technocratie bruxelloise vis-à-vis des "populistes" et de gouvernements européens ne rentrant pas exactement dans la ligne fixée par ces commissaires non élus, au premier rang duquel figure l'éminent alcoolique J-C. Juncker, gage de sérieux évident de cette UE qui marche à l'envers. 

Complètement dépassé par le phénomène, Macron a choisi de durcir la répression à l’encontre de ces français désarmés qui vont, dès lors, se radicaliser d’autant plus. La sécurité de sa fonction est clairement en danger à chacun de ses futurs déplacements en province tant la révolte des français est exacerbée. Les tactiques sécuritaires visant à diviser sans fin le mouvement au fil des dernières semaines n’étaient que des entourloupes faisant gagner du temps mais ne réglant pas le sujet de fond. Affolé, le pouvoir pratique un deux poids deux mesures parfaitement scandaleux : tandis que d’un côté, une totale impunité  se ressent à l’encontre du cas A. Benalla, objet de nouvelles révélations, ou encore des flambées de voitures devenues traditionnelles à la Saint-Sylvestre par les racailles, le dispositif policier resserre son étau sur les gilets jaunes. La légitimité démocratique qui était au départ fragile se trouve de plus en plus radicalement contestée par un nombre grandissant de français et les élections européennes ne suffiront pas à canaliser cette colère légitime. Macron et sa caste aiment souvent répéter à l'envie, comme pour donner une consistance au fait de reproduire inlassablement les mêmes mesures éculées que "le monde change vite, que la France ne peut pas rester immobile, qu'elle doit s'adapter à la mondialisation". Effectivement: la donne politique bascule à une vitesse vertigineuse et le destin de notre cher Président est presque scellé avant d'avoir accompli la moitié de son mandat. S’il en reste là, Macron restera dans l’Histoire de France comme le représentant d’un pouvoir bancaire autoritaire qui aura gouverné d’abord sans son peuple puis de plus en plus contre son peuple. 

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