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La grande bouderie ou la parenthèse enchantée de Macron

December 31, 2017

 

 

Au lendemain du grand chambardement électoral de 2017, l’abattement est général chez les français et les mots de « politique », de « séquence électorale » et autres « démocratie » suscitent le plus parfait dégoût.

 

A l'issue du processus électoral de 2017, les français ont le sentiment de s'être « fait voler » la dernière élection qui les passionne avec celle de leur maire, la présidentielle, les législatives s'étant déroulées dans une ambiance d'abstention record. La notion de « démocratie » avec laquelle les médias nous rabâchent les oreilles est clairement en ligne de mire, avec en toile de fond l'éternelle question de la légitimité du pouvoir, sujet en France qui revêt de nombreuses formes d'organisation politique différentes (République parlementaire, Monarchie absolue ou constitutionnelle, Néo-césarisme avec le bonapartisme et le gaullisme, impérial pour le premier et républicain pour le second). Comme le rappelle bien A. Imatz dans son excellent ouvrage « Droite-gauche pour sortir de l'équivoque » , « en démocratie la notion-clef n'est ni le nombre, ni le suffrage, ni l'élection, ni la représentativité, mais bien la participation de tous les citoyens à la vie publique. Chacun doit jouer un rôle actif comme membre d'une collectivité, comme partie d'un tout. ». Or, que constate-t-on ? En apparence, le nouveau Président a été élu à un large score : 66% des voix. En réalité, il n'a pas la majorité des inscrits : 44%. Le rouleau compresseur médiatique qui, depuis 2015, a matraqué dans la tête des français le caractère « transgressif, neuf, moderne, sympathique » du personnage, a certes bien opéré puisque le résultat est là. A côté des 10,5 millions d'électeurs mobilisés pour le parti national et des 20 millions d'électeurs s'étant reconnus dans cette propagande médiatique fumeuse, il y en a plus de 16 millions qui ont, soit déserté ce 2nd tour, soit voté blanc ou nul. En effet; ce second tour est caractérisé par un record d'abstention (12 millions de français), de votes nuls ou blancs (4 millions), ce qui est sans précédent dans l'histoire de la Vème République. Les élections législatives qui suivent sont encore pire pour le nouveau pouvoir : moins de la moitié du corps électoral ira se déplacer aux urnes, montant à 48% de participation au 1er tour et tombant à 42% au 2nd, ce qui est encore une fois inédit.

 

L'exercice de ces premiers mois de pouvoir a ressemblé à une mise en plie de réformes libérales resucées que la presse et les grands intérêts financiers réclament à cor et à cri depuis des années, sous l'apparence d'une restauration du prestige présidentiel sorti abîmé par les deux derniers quinquennats. La « droite libérale » a bien du mal à cacher son opposition tant le programme ainsi déroulé correspond à ce qu'elle n'avait jamais osé faire, respectant ainsi l'adage des 40 dernières années selon lequel les grandes mesures de libéralisation de l'économie sont venues le plus souvent de personnalités socialistes (F. Mitterrand, J. Delors, J. Attali, M. Rocard, DSK, E. Macron). Pour nous éclairer sur cette logique en apparence paradoxale mais en réalité cohérente sur le plan de l'histoire des idées, il convient de se référer à l'ouvrage de G. Bernard « La guerre à droite aura bien lieu : le mouvement dextrogyre » selon qui « libéralisme et socialisme sont des frères siamois », communiant dans la conviction qu'il existe un contrat social qui fonde toute société, le premier privilégiant les parties sur le tout, tandis que le second privilégie le tout sur les parties, l'un défendant la liberté individuelle, l'autre l'égalité, mais rejetant tout deux toute idée d'ordre cosmologique préexistant à la volonté humaine. Ces deux religions séculaires ont contribué grandement à accompagner le relativisme occidental, la perte de sens et l'inversion des valeurs que Nietzsche avait anticipé plus d'un siècle plus tôt et qu'il avait nommé « nihilisme ».

 

L'élection de Macron est la parfaite fusion du libéralisme économique et du libéralisme sociétal, à travers la communion d'un Bruno Le Maire avec D. Cohn-Bendit. Par sa volonté de restaurer en apparence la Vème République d'origine avec une concentration du pouvoir entre les mains de quelques mains à l'Elysée, Macron renvoie à son lointain parrain libéral, au premier pourfendeur de la Vème République de l'intérieur qu'a été le septennat de Giscard. Comme lui, il avait joué sur un centre élargi à la gauche et à la droite. Les deux plus jeunes présidents de la Vème ont pour ambition de rassembler « 2 français sur 3 », la classe moyenne en somme. Le problème réside dans le fait qu'en presqu'un demi-siècle qui les sépare, la classe moyenne s'est désagrégée sous le phénomène de globalisation, exacerbant toutes les fractures de la société française : économique, territoriale, identitaire. Giscard voulait amorcer les mutations issues de mai 68 avec les premières mesures sociétales fortes (IVG, divorce par consentement mutuel), Macron est chargé de les parachever (PMA, transhumanisme). Giscard avait initié l'immigration de masse avec le regroupement familial, le quinquennat de Macron va cristalliser toujours plus cette question en poursuivant cette fuite en avant infernale qui conduit notre peuple à ne plus savoir où il habite. Comme Giscard, Macron mise tout sur un continent européen beaucoup trop étroit pour une France à portée mondiale. Macron, enfin, porte les paradigmes de la post-modernité engluée dans son relativisme moral et va tenter une sorte d'adaptation finale de la France à la globalisation libre-échangiste ultra-concurrentielle avec comme modèles la Silicon Valley et Wall Street.

 

Pendant ce temps, les français se détournent massivement de la politique ; les émissions politiques enchaînent les bides d'audience, Mélenchon n'a pas eu de « 3ème tour social » et a du abdiquer devant les faibles mobilisations de l'automne, l'opposition est dispersée façon puzzle. La dictature financière étend même son emprise sur le Front National dans l'indifférence générale. Les vrais questions de notre temps que sont l'avenir du travail, en particulier du travail salarié ; la cohésion sociale et territoriale menacée chaque jour par une immigration toujours plus insoutenable ; le chaos judiciaire et policier avec une délinquance qui ne cessent d'empoisonner des millions de français au quotidien ; le système financier qui poursuit sa fuite en avant mortifère avec en tête de proue l'euro en tant que monnaie bancale dans un système monétaire international en roue libre depuis la fin de la convertibilité du dollar en or en 1971. Ces questions fondamentales ne sont pas traitées, sont mises sous le tapis le temps de la parenthèse enchantée décrite à longueur de journées par des médias participant grandement au désabusement général de français ayant le sentiment d'entendre « toujours la même soupe ». Macron gouverne en réalité sans eux. Cependant, ces grandes questions qui traversent notre époque vont peut-être éclater au visage de ce nouveau pouvoir auto-satisfait au moment de son mandat. Se faisant fort de réhabiliter « l'héroïsme politique », Macron aura alors à faire face à ce choix pour assurer son salut : trahir enfin les élites qui ont chauffé sa place depuis le début pour éviter la foudre toute jupitérienne du peuple en colère, ou bien achever son œuvre de trahison des français initié sous Hollande en mettant un coup de collier supplémentaire pour camoufler l'échec de ces politiques jusqu’au-boutistes amorcées 40 ans auparavant depuis la fameuse « révolte des élites » décrite par Christopher Lasch.

 

Le caractère profondément résistant des français ne peut se satisfaire de cet état de fait qui conduit inexorablement à une société libérale consumériste individualiste, qui délite le lien social et autodétruit la nature profonde de l'Homme et la Nature même par un système productiviste et libre-échangiste à bout de souffle. Profondément lassés par cette pensée unique, par ce politiquement correct, par ce fameux mantra chers aux libéraux selon qui "il n'y a pas d'alternative", les français devront déployer des trésors de patience, de force et d'ingéniosité face à « cette guerre cognitive » qui leur est livré. La reconquête des idées non conformistes et nationales, bannies des médias de masse, doit se poursuivre sur tous les terrains en cultivant toujours davantage le lien social au sein de ces cellules de société dans lesquelles l'Homme se fond, cellules qui le dépassent : les communautés humaines que sont la famille, les associations, la nation ainsi que les communautés religieuses. En parcourant notre cher et beau pays et en parlant aux français, on est chaque jour frappé par l'immense potentiel qu renferme encore la France et de l'infini chance que l'on a de résider dans cette réserve de beauté, d'intelligence et de foi.

 

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