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Manifeste d’une génération en crise

October 5, 2017

 

 

 

 

 

Je suis d’une génération pour qui les mots  « crise » et « bonheur » sont dévoyés tant leur utilisation paradoxale et complémentaire est permanente.
 

Une génération en crise économique et sociale d’une part, et en crise existentielle et identitaire d’autre part, toutes deux engendrées par le phénomène de globalisation. Je suis d’une génération américanisée à outrance depuis la chute du modèle alternatif constitué par le bloc de l’Est, commencement de « la fin de l’Histoire » des années 90. Soft power actionné, je suis d’une génération obnubilée par les séries & films US, les marques US et la musique US. Ces quatre rouleaux compresseurs, diffusés à coup d’ondes massives, stimulent des effets de mode irrésistibles. Le mode de vie à l’américaine, fait d’individualisme à outrance, a trouvé son écho dans les revendications traditionnelles des français – mise au centre de l’Homme avec l’humanisme, et mise au centre de l’individu-citoyen avec la Révolution et les droits de l’Homme, deux inventions françaises. Ainsi plongée dans ce tourbillon de culture américaine, je suis de la génération pour qui les États-Unis représentent ce nirvana terrestre répondant à tous les désirs du consommateur hédoniste. Cette vision a été d’autant plus idéalisée que je suis de la génération ayant baigné dans une crise dont tous les points de conjonction se trouve être la mondialisation libérale érigeant la guerre économique pour tous mais décidée par une poignée de privilégiés. Le chômage crevant des plafonds, la croissance en berne, le désabusement de la politique concrétisé par une abstention record sont autant de phénomènes indicibles mais prégnants ayant forgé les mentalités. Je suis de la génération dont le premier frisson patriotique a été la victoire de l’Équipe de France en 1998, portée au pinacle par le slogan « Black, blanc, beur », et dont le premier frisson politique a été la qualification au second tour de Jean-Marie Le Pen le 21 avril 2002.

 

C’est ainsi que je suis de la génération qui s’est jetée à corps perdu dans des substituts libérateurs-destructeurs – drogue, alcool, phénomène de geeks fait d’addiction à internet et/ou aux jeux vidéos – avec comme lieux de pèlerinage Amsterdam. Je suis de la génération qui s’est efforcée de devenir par elle-même flexible et libérale à défaut de voir les structures du marché du travail le devenir.  Une génération qui a subi l’enchaînement de stages sous-payés, le renouvellement sans fin des CDD, l’abaissement à exercer des petits boulots ne correspondant pas du tout aux aspirations qu’elle s’était fixées. Je suis d’une génération qui vit le « rêve américain » en France, sans le savoir, tout en rêvant d’aller aux États-Unis…

 

Je suis de la génération qui a vu la généralisation des ordinateurs, cultivant ce doux paradoxe : l’isolement entre internautes isolés, confortable matelas à la solitude. Je suis de la génération qui n’a lâché la télévision que pour un autre écran, l’ordinateur, tout en étant rivé sur celui du téléphone. Je suis de la génération qui préfère écrire ces lignes sur un clavier quel qu’il soit plutôt que sur une feuille de papier. Cerné par les écrans, je suis de la génération qui a mal aux yeux et de celle qui n’a pas froid aux yeux dans la gestion de son mode de vie, se dégradant la santé au point d’être sur le point de devenir la première génération à marquer un coup d’arrêt à la hausse continuelle de l’espérance de vie.

 

Je suis de la génération nourrie dès le plus jeune âge au biberon du féminisme, à l’idéalisation de la femme à travers les Walt Disney, les séries US et les films hollywoodiens. Je suis de la moitié de celle qui a appris à être un gentil garçon, doux et attentionné, sous prétexte de ne pas tout de suite tomber dans le viol et le harcèlement sexuel le plus violent. Je suis de la génération Y et de la banalisation du X, s’étalant sur des affiches publicitaires jusqu’aux clips musicaux les plus vulgaires en passant par les jeux de télé-réalité au fort condensé de débilité, et corrompant ainsi le modèle de femme à laquelle aspire une partie des jeunes générations féminines. Je suis de la génération où le sexe faible, bourré de complexes tant physiques – par rapport aux autres filles – qu’intellectuels – par rapport aux hommes –, se veut meilleur que le sexe fort. Et y parvient finalement, dans tous les domaines exceptés ceux demandant un caractère masculin fortement marqué – sciences, pouvoir financier –, ceux devant lesquels ce conditionnement par la culture s’arrête face à la nature et la biologie.

 

Je suis de la génération du mélange des genres, de l’indifférenciation des sexes au nom de l’égalité, de l’égalité des droits, en apparence, pour la liberté totale du marché en réalité. Je suis de la génération de l’enfant élevé presque exclusivement par sa mère, de la génération de l’absence du père, de celle pour qui on a vidé de son sens l’institution du mariage tant les divorces se sont propagés dans nombre de familles.

 

Enfin, je suis de la génération à qui on a appris méthodiquement à ne pas aimer la France. Par un focus sadomasochiste sur les heures les plus sombres de l’Histoire, par un dénigrement systématique de ces heures les plus glorieuses qui devraient faire sentir à chaque français d’où qu’il vienne qu’il appartient à une Histoire passionnante toujours en mouvement et qu’il fait partie d’une des plus vieilles Nations, une Nation qui le dépasse! Au lieu de véhiculer cette instruction saine, je suis de la génération à qui on a imprimé, comme au fer rouge sur un bagnard, les 3 piliers de la honte : l’esclavage, la colonisation, la collaboration. Malgré ce conditionnement – même conditionnement qui a converti les jeunes français à la République à la fin du XIXème siècle au sein de l’école Jules Ferry –, malgré ces effets de mode puissants venant de l’extérieur ou des élites françaises dans une logique de déconstruction nationale, je suis d’une génération qui a su conserver, au cœur de ces tempêtes mondialistes au vent antinational nocif, la flamme, la fierté, l’amour de la France ! Parce que je devais être de la génération qui conclue le nouvel ordre mondial et accepte de fondre la France dans un moule globalisé à la saveur standard et insipide, je serai aussi de celle qui entrevoit l’horreur dans lequel nous précipiteraient ces terribles projets. Je serai de la génération qui mettra un arrêt net à cette lente et inéluctable pente. Je serai de celle qui, parmi tous les drapeaux éparpillés par terre, aussi bien parmi les bannières étoilées américaine et européiste que des étendards locaux régionalistes, choisira le drapeau tricolore.

 

Parce qu’on lui a bourré le crâne sur la capacité à tracer son propre destin, je suis d’une génération qui ne veut pas se laisser dicter le sien par des gens ne partageant pas cette passion française, qui en a marre des soi-disant experts lui matraquant qu’il n’y a pas « d’autres voies possibles » que celles de l’intégration toujours plus poussée dans ce village global par la suppression des frontières, quelles qu’elles soient.  À la lisière entre deux siècles, deux états d’esprit, deux modes de vie, je suis d’une génération qui devra conjuguer ces deux sources d’influences pour en faire une grande synthèse qui puisse rassembler des générations entremêlées et fractionnées par des fractures toujours plus grandes.

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