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Vers une Corse indépendante ?

May 15, 2014

 

 

 

L’élection de la liste nationaliste et autonomiste corse de Gilles Simeoni dans la 2e plus grande ville corse, Bastia, résonne comme un avertissement à l’égard d’un État français démissionnaire depuis les lois de décentralisation de 1982.

 

État actuel des velléités autonomistes et indépendantistes

 

Les sentiments autonomistes et indépendantistes ont le vent en poupe ces derniers temps en terre corse. En effet, selon un récent sondage de la Sofres, près de 2/3 des Corses seraient favorables à une autonomie de leur île par rapport à la métropole (ils étaient 51% en 2008). En 1975, ils n’étaient que 38% en faveur d’une telle solution. Soit une augmentation de 11 points les six dernières années contre une augmentation de 13 points au cours des trente années précédentes. Pour ce qui est de l’indépendance, ils ne sont que 18% à plaider pour cette option, même si là aussi le sentiment d’indépendance gagne du terrain par rapport à ce qu’il était il y a de cela quelques années. Ils n’étaient que 3% en 1975 à opter pour l’indépendance et 10% en 2008, ce qui fait que les partisans de l’indépendance ont été multiplié par 6 en 40 ans.

 

Si l’on sait que l’indépendance renvoie à un État souverain disposant tout à la fois des compétences intérieures et des compétences internationales, la notion d’autonomie est quelque peu floue. P. Giaccobi, président de l’exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse, a récemment parlé à l’Assemblée Nationale d’autonomie pour décrire la situation actuelle de la Corse. Pour les frères Siméoni, l’autonomie s’entend comme le transfert à la Corse de toutes les compétences intérieures détenues par l’État qui conserve seulement son pouvoir extérieur. Comme le rappelle l’association France-Corse, une autonomie réelle suppose que les décisions prises par l’organe dirigeant (au cas particulier l’Assemblée de Corse) soient entièrement financées par les ressources propres de la collectivité, c’est-à-dire sans subventions ni dotations versées par le pouvoir central. Comme le dit bien cette association, « l’autonomie se paie » et la Corse ne pourrait faire face à cette perte de dotations de l’État vu la faible base fiscale dont elle dispose.

 

Un pouvoir central qui déserte… au profit des pouvoirs locaux

 

En accordant un statut spécial dérogatoire à la Corse en annexe des lois de décentralisation, François Mitterrand a ouvert la boite de Pandore de la démagogie autonomiste voire indépendantiste de la Corse.

De deux choses l’une: soit on réclame l’autonomie, c’est-à-dire qu’on transfère toutes les compétences intérieures, avec la coupe des transferts budgétaires et de dotations à l’égard de la Collectivité Territoriale Corse qui vont avec; soit on considère que la Corse est une région comme les autres de métropole et on lui attribue les mêmes compétences qu’une région de métropole.

 

Quant aux revendications d’indépendance, ne devrait-elles pas être matées et déclarées anti-républicaines ? La République n’est-elle pas une et indivisible ? Celle-ci devrait cesser de reculer et revenir sur le devant de la scène en pourchassant sans relâche ces groupuscules minoritaires comme le FLNC, qui sème la terreur par ses actes et ses intimidations sur une majorité silencieuse de Corses qui ne demandent qu’à vivre en paix, du fruit de leur travail, dans une France qui veille à leur sécurité et leur prospérité comme pour toutes les autres régions françaises.

 

L’Europe des régions, menace pour les Nations

 

Ce délitement national qui s’opère depuis 30 ans fait le lit des revendications régionalistes en tout genre, poussées par une UE qui n’aspire à traiter qu’avec les régions et non plus les Nations. Les humiliations que font subir les Flamands aux Wallons en Belgique, la Ligue du Nord qui veut faire sécession en Italie par rapport au Sud du pays, la volonté jusqu’au-boutiste de la Catalogne à mener un référendum d’indépendance en Espagne constituent autant de lignes de fractures conduisant à l’Europe des régions tant désirée par la Commission de Bruxelles. Par ce biais, celle-ci ne se sentirait plus à l’étroit face aux revendications légitimes des États mais pourrait d’autant mieux imposer son projet néo-libéral dans le dos des peuples à des régions soumis à tous les diktats. Les grandes entreprises, sur le modèle d’une des clauses du traité de libre-échange UE-USA pour ce qui concerne les États, pourront poursuivre en justice ces petites entités régionales au poids bien inférieur aux capacités financières et donc aux capacités de nuisance de ces grands groupes. Les intérêts particuliers privés en seraient les grands gagnants aux dépens de l’intérêt général. Cela achèverait d’asseoir la domination des États-Unis sur une vieille Europe émasculée qui se perd toute seule dans des considérations identitaires dignes des duchés moyenâgeux.

 

À l’inverse, en France, cet ordre des choses tournerait le dos au processus entrepris de longue date depuis le Moyen Âge jusqu’aux aboutissements de la Révolution : l’affirmation du sentiment national comme barrière aux entreprises de domination de toute sorte (militaire, financière, etc). La Nation est aujourd’hui et plus que jamais l’échelle de solidarité et d’efficacité la plus adaptée pour les peuples afin de mener de front cette bataille de la mondialisation. Loin de l’idée ringarde et dépassée que veulent lui donner tous ces européistes en mal de convictions et de cohérence identitaire, le patriotisme est une valeur suprême à ériger en étendard pour faire barrière au mondialisme et mener efficacement le pays vers la sécurité et la prospérité collective.

 

Pire, notre nouveau gouvernement « de combat » emmené par M. Valls entend faire un grand redécoupage des régions de France tout en supprimant les départements. Sachant sans doute à quel point les Français sont attachés à leur département, François Hollande a du y voir là une nouvelle occasion de creuser encore un peu davantage son niveau d’impopularité affolant mais justifié… Cette « simplification » du mille-feuille administratif, en misant notamment sur une complexification des procédures pour y arriver, s’assoit sur le fantasme assumé ou honteux des élites françaises depuis quelque temps : le modèle allemand et ses Landers. Installer des grands duchés régionaux aux contours géographiques alambiqués ne constitue pas seulement une ineptie technocratique, cela participe à la déconstruction nationale de cette France forgée depuis 1000 ans par nos rois et nos républicains jacobins. Le comble du ridicule de cette affaire revient à un président de région socialiste qui ose traiter Manuel Valls de « populiste » parce qu’il entend mener cette réforme contre les « élus du peuple » dont il semble se sentir appartenir (rappelons que les dernières élections régionales de 2010 ont battu le record de taux d’abstention avec une participation au 2nd tour de 51%…). Ce score cinglant prouve à lui seul l’éloignement démocratique constitué par les régions, ce qui sera aggravé en cas de constitution de plus grandes régions.

 

L’issue de fond que font courir ces deux principaux dangers, à la fois la prise de contrôle progressive de cette instance supranationale européenne et la volonté d’émancipation insidieuse de certaines régions aux pouvoirs étendus, est la mise à l’écart d’un État de plus en plus faible. Le long cheminement de notre Histoire prouve que c’est lorsque l’État est faible, désengagé, timoré, fragmenté qu’il laisse ouvert un trou béant dans lequel s’engouffrent guerres civiles, anarchie sociale, chaos économique. L’urgence est au sursaut national qui ne peut survenir que d’un pouvoir national fort et assumé, seule échelle de souveraineté capable de tenir tête à la folle dérive de la mondialisation anti-sociale que l’on subit. Les élections européennes constituent une première piqûre de rappel vis-à-vis de ces élites européistes dogmatiques qui donnent des leçons de démocratie tout en s’associant volontiers avec des partis néo-nazis ukrainiens. Certains vont même jusqu’à les défendre sous prétexte qu’ils sont « moins fascistes » qu’un certain parti souverainiste français !

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